Ce que sont la répétition espacée et la pratique de récupération en mémoire
Deux idées sous-tendent toute bonne routine de cartes-éclair. La pratique de récupération en mémoire consiste à tirer une réponse de votre mémoire avant de la vérifier. La répétition espacée consiste à revenir au même élément après un intervalle, pour que les révisions soient étalées au lieu d’être regroupées en une seule séance. Une carte-éclair n’est qu’un outil qui facilite les deux.
La récupération : se tester, c’est étudier
Dans l’étude de Roediger et Karpicke publiée en 2006 dans Psychological Science (17(3), 249 à 255), des étudiantes et étudiants lisaient des textes, puis les relisaient ou passaient des tests de rappel sur ces textes. À un test cinq minutes plus tard, la relecture l’emportait. Aux tests deux jours et une semaine plus tard, les étudiantes et étudiants qui s’étaient exercés au rappel en retenaient nettement plus, même si la relecture les rendait plus confiants.
Karpicke et Roediger ont poussé l’idée plus loin dans Science en 2008 (319, 966 à 968). Des étudiantes et étudiants ont appris 40 paires de mots swahili-anglais. Une fois une paire rappelée correctement, certains groupes continuaient d’être testés sur elle et d’autres la retiraient des tests. Une semaine plus tard, les groupes qui avaient continué les tests se rappelaient environ 80 % des paires; les groupes qui avaient cessé les tests en rappelaient 36 % et 33 %. Étudier davantage des paires déjà apprises n’apportait pratiquement aucun gain. Les quatre groupes avaient tous prédit qu’ils se rappelleraient environ la moitié des paires.
L’espacement : des intervalles entre les révisions
La revue de Cepeda et ses collègues publiée en 2006 dans Psychological Bulletin (132(3), 354 à 380) a regroupé 839 évaluations de la pratique distribuée tirées de 317 expériences. Étudier un élément à deux occasions distinctes l’emportait sur le même temps d’étude en un seul bloc, à chaque intervalle de rétention examiné, de moins d’une minute à plus d’un mois. Les auteurs ont aussi constaté que l’intervalle qui donne la meilleure rétention s’allonge à mesure que le délai avant le test s’allonge. Pour un examen dans quelques semaines ou quelques mois, cela indique des intervalles de plusieurs jours, pas de quelques minutes.
Kornell a testé cette idée précisément avec des cartes-éclair (Applied Cognitive Psychology, 2009, 23(9), 1297 à 1317). Étudier une seule grosse pile, ce qui espace davantage chaque carte, l’emportait sur l’étude de quatre petites piles l’une après l’autre, et l’espacement l’emportait sur l’étude intensive le dernier jour. L’espacement a mieux fonctionné pour 90 % des participants, mais après la première séance, 72 % croyaient que l’étude massée avait mieux fonctionné.
La revue de dix techniques publiée en 2013 par Dunlosky et ses collègues dans Psychological Science in the Public Interest (14(1), 4 à 58) n’a accordé une cote d’utilité élevée qu’à deux d’entre elles : les tests d’entraînement et la pratique distribuée. La relecture et le surlignage ont obtenu une cote faible. Une mise en garde : la plupart de ces études portaient sur du vocabulaire et de courts textes, pas sur des codes ou des contrats, et l’ExAC vous demande aussi d’appliquer vos connaissances. Voyez les cartes-éclair comme la couche de rappel sous vos questions d’entraînement.